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Renault 5 E-Tech : comment la citadine néo-rétro est devenue le phénomène de l’électrique

Renault 5 E-Tech électrique jaune, vue de trois quarts avant

Élue Voiture de l’Année 2025 et électrique la plus vendue de France, la Renault 5 E-Tech réussit le pari du néo-rétro. Histoire, versions, prix et chiffres d’un carton commercial.

1972 : la « voiture à vivre » qui a motorisé la France

Renault 5 GTL rouge de 1980, première génération
La R5 première du nom (ici une GTL de 1980) : dix ans en tête des ventes françaises. Photo Spanish Coches, CC BY 2.0.

Pour comprendre le phénomène actuel, il faut remonter au 27 janvier 1972. La Renault 5 originelle, dessinée par Michel Boué — silhouette à deux grandes portes, boucliers en plastique, hayon, un dessin d’une modernité folle pour l’époque —, devient instantanément la voiture de toute une génération. Elle sera la voiture la plus vendue de France pendant dix ans, de 1974 à 1983, écoulée à plus de 5 millions d’exemplaires avant de passer le relais à la Super 5 jusqu’en 1996. Côté sport, la lignée fait rêver : la R5 Alpine puis Alpine Turbo, sans oublier la légendaire R5 Turbo de 1980 et son moteur central, reine des spéciales de rallye — déclinée dès 1983 en Turbo 2, plus accessible et à peine moins affûtée. Bref : un capital affectif comme peu de modèles en possèdent.

Le pari néo-rétro : citer sans copier

Renault 5 E-Tech jaune, verte et violette exposées au salon de Genève 2024
Jaune pop, vert, violet : la palette assume le clin d’œil aux seventies. Photo Alexander-93, CC BY-SA 4.0.

Révélée au salon de Genève en février 2024, la R5 E-Tech réussit l’exercice le plus casse-gueule du design automobile : le néo-rétro. Les proportions trapues, les feux avant qui « clignent de l’œil », la jante inspirée des années 70, les teintes pop — jaune, vert — citent l’aïeule sans jamais la singer. Le détail qui résume l’esprit du projet : l’ancienne prise d’air du capot est devenue une jauge de charge lumineuse en forme de « 5 », qui s’allume par segments de 20 % pendant la recharge. Sous la carrosserie de 3,92 m, la plateforme AmpR Small dédiée à l’électrique, et une fabrication 100 % française à Douai, au cœur du pôle ElectriCity.

Versions, batteries, prix : le point

La gamme s’articule autour de deux batteries et trois niveaux de puissance (95, 120 et 150 ch) :

FinitionBatterie 40 kWh (312 km)Batterie 52 kWh (410 km)
Five24 990 €
Evolution27 990 €31 490 €
Techno29 990 €33 490 €
Iconic Cinq31 990 €35 490 €
Roland-Garros36 490 €
Renault 5 E-Tech verte branchée à une borne de recharge
Charge rapide 100 kW sur la grande batterie : 15 à 80 % en une trentaine de minutes. Photo Matti Blume, CC BY-SA.

Côté recharge : 11 kW en alternatif, 80 ou 100 kW en continu selon la batterie (15 → 80 % en ~30 minutes), pompe à chaleur de série ou disponible selon les versions, et — c’est encore rare à ce prix — la charge bidirectionnelle : la R5 peut alimenter vos appareils (V2L), voire revendre de l’électricité au réseau (V2G). Avec le bonus écologique (jusqu’à 4 000 € selon revenus), une Techno bien équipée repasse sous les 26 000 €.

Un carton commercial qui dépasse Renault

Les chiffres donnent le vertige pour une électrique : élue Voiture de l’Année 2025, la R5 E-Tech a terminé l’année 2025 comme l’électrique la plus vendue de France avec près de 38 000 immatriculations — devant la Tesla Model Y et ses quelque 19 200 unités, soit le double. Elle s’est même invitée dans le top 10 toutes motorisations confondues, du jamais-vu pour une électrique française. À Douai, le cap des 100 000 exemplaires produits a été franchi en à peine quinze mois. La recette ? Un prix d’attaque agressif, une bouille irrésistible, et ce supplément d’âme que ni un SUV chinois ni une berline high-tech ne peuvent acheter : la madeleine de Proust.

Le retour du terrain — en plus de vingt ans de pièces performance, je n’ai pour ainsi dire jamais rien vendu pour une R5 ou une Super 5 : ces générations avaient déjà quitté nos routes. C’est dire la force du coup de Renault — ressusciter un souvenir que même les passionnés ne croisaient plus. Mais ne nous y trompons pas : la nostalgie fait entrer dans la concession, c’est le prix qui fait signer. Une électrique française à moins de 26 000 € bonus déduit, en version Techno bien équipée : voilà le vrai moteur du succès. Le rétro n’est que la carrosserie de l’argument.

Turbo 3E : la folie en guise de cerise

Renault 5 Turbo 3E jaune aux ailes élargies, vue arrière, salon de Munich 2025
La Turbo 3E et ses ailes démesurées, digne héritière de la Turbo de 1980. Photo Matti Blume, CC BY-SA.

Et parce que chez Renault on n’a pas oublié la R5 Turbo de 1980, la famille s’offre un monstre : la R5 Turbo 3E. Deux moteurs électriques logés dans les roues arrière, environ 540 ch, un couple délirant disponible instantanément, 0 à 100 km/h en moins de 3,5 secondes et 270 km/h en pointe — le tout en série limitée à 1 980 exemplaires, année de naissance oblige. Une pure folie de collectionneur qui prouve que l’électrique n’a pas enterré l’esprit performance, bien au contraire. Les amateurs de préparation apprécieront le symbole : la propulsion et les ailes élargies sont de retour.

Reste la vraie question pour un magazine comme le nôtre : le succès de la R5 électrique marque-t-il un tournant durable pour l’auto populaire française ? Les 4L E-Tech et autres Twingo électriques qui suivent le même chemin le diront. En attendant, pour l’automobiliste au budget serré, nos dossiers Économie & carburant restent d’actualité — toutes les voitures ne se branchent pas encore.

Questions fréquentes

Quelle est l’autonomie réelle de la Renault 5 E-Tech ?

Officiellement, 312 km WLTP avec la batterie 40 kWh et jusqu’à 410 km avec la 52 kWh. En usage réel mixte, comptez plutôt 330 à 380 km pour la grande batterie — et davantage en ville, où la récupération d’énergie travaille beaucoup. Sur autoroute, comme pour toute électrique, l’autonomie baisse sensiblement.

Combien coûte la Renault 5 électrique ?

La gamme démarre à 24 990 € avec la version Five (batterie 40 kWh), et culmine à 36 490 € pour la Roland-Garros. Le bonus écologique — jusqu’à 4 000 € selon les revenus — peut faire passer une version bien équipée sous la barre des 26 000 €, un positionnement rare pour une électrique fabriquée en France.

La recharge est-elle rapide ?

En courant alternatif, le chargeur 11 kW fait le plein de la grande batterie en 4 h 30 environ (wallbox). En courant continu, la 52 kWh accepte 100 kW : de 15 à 80 % en une trentaine de minutes. À noter, la R5 gère la charge bidirectionnelle : elle peut alimenter des appareils (V2L) et même restituer de l’énergie au réseau (V2G) avec l’offre adaptée.

Où la Renault 5 E-Tech est-elle fabriquée ?

À Douai, dans le Nord de la France, au sein du pôle industriel ElectriCity de Renault — les batteries sont assemblées à proximité. C’est un argument fort du modèle face à une concurrence largement produite en Asie, et l’une des raisons de son prix maîtrisé à l’échelle européenne.

Qu’est-ce que la R5 Turbo 3E ?

Une supercar de poche en série limitée (1 980 exemplaires) qui réinterprète la mythique R5 Turbo de 1980 : deux moteurs électriques logés dans les roues arrière, environ 540 ch, 0 à 100 km/h expédié en moins de 3,5 secondes et 270 km/h en pointe. Rien à voir avec la citadine — c’est un objet de collection, au tarif en conséquence.

Article publié à titre informatif par Boîtier Additionnel, magazine auto indépendant. Les informations techniques sont données à titre indicatif : vérifiez toujours la compatibilité avec votre véhicule auprès d’un professionnel.